
"Le Carcéral au féminin"
rapport d'un colloque
L'Europäisches Forum für angewandte Kriminalpolitik
e.V. a organisé, du 17 au 19 novembre 2000, un colloque consacré au "carcéral
au féminin", exemples de carcéral au féminin en Eu-rope", ceci en
coopération avec la Katholische Akademie de Trêves. 56 personnes en
prove-nance de 7 pays européens y ont participé.
Les participantes et participants se sont rendu(e)s à Schrassig (Luxembourg)
dans l'après-midi du 17 novembre pour y visiter la seule prison fermée du
Luxembourg. Les participant(e)s ont pu librement échanger avec les femmes
détenues, le personnel qualifié et les surveillantes. Cette visite fut
suivie, dans l'église qui sert aussi de salle polyvalente, d'une discussion
très vivante sous la conduite avisée du sous-directeur de la prison. Grâce à
cela des contacts in-formels entre participantes et participants ont pu être
noués.
La journée du 18 novembre fut consacrée à deux interventions en plénière et
à quatre groupes de travail. Les sujets abordés concernaient des programmes
spécifiques pour les femmes in-carcérées (Allemagne et France), le travail
de femmes en milieu carcéral féminin (Allema-gne), le bénévolat (Belgique)
et les tâches d'une aumônière en milieu carcéral féminin (Belgi-que). On
constata en commun que les femmes détenues sont défavorisées partout, leur
pour-centage dans la population carcérale totale ne dépassant pas 5 % en
moyenne. Elles élèvent souvent leurs enfants seules et vivent difficilement
la séparation de leurs enfants.
Les femmes travaillant en milieu carcéral masculin doivent faire face
partout à des préjugés (les femmes sont trop faibles, elles n'arrivent pas à
s'imposer...). Le groupe de travail décida cependant de "continuer la lutte
en confiance".
Le contexte général dans les différents pays exerce une influence sur les conditions de travail et sur l'atmosphère dans les prisons, comme par exemple:
- les diverses législations: les enfants nés en
France obtiennent automatiquement la nationa-lité française; de ce fait
leurs mères en séjour illégal ont droit à de l'aide voire à un permis de
séjour; chose impossible en Allemagne
- les divergences au niveau des formations: les
assistantes sociales travaillant pour la justice en Allemagne ne sont pas
formées par la justice, ce qui est le cas en France. En Belgique les
diocèses peuvent nommer aumônières des personnes qui n'ont pas suivi des
études de théologie
- les différences concernant les possibilités
d'intervention: en détention provisoire les assis-tantes sociales ne
peuvent contacter les familles qu'avec l'autorisation expresse du juge
d'instruction; les possibilités d'intervention d'associations externes à
la justice sont res-treintes en Belgique ainsi qu'en France pour une
moindre mesure.
Les intervenantes comme les participantes et les
participants ont vécu le climat parfois très chaud des discussions (comment
peut-on faire de l'éducation à l'hygiène ou du rapport au corps un sujet de
travail quand l'état des cellules laisse beaucoup à désirer - comme c'est le
cas en France par exemple?) comme étant très enrichissant. Les discussions
ont montré combien il est important de s'attacher aux contextes particuliers
de chaque pays. L'échange interdisci-plinaire international permet de
redécouvrir non seulement ses propres frontières mais aussi ses propres
possibilités et ses propres chances. Un regard au-delà des frontières est
toujours source d'enrichissement.
Anne-Marie Klopp, le 16 février 2001
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